Pas si aisé que cela de se remémorer ses rêves du passé lorsque l’on ne les a pas réalisés.
Je me souviens d’avoir rêvé d’être missionnaire alors que je venais de faire une incroyable expérience avec Dieu, j’avais 12 ans. Missionnaire, non pas pour imposer une religion mais pour partager ce qui venait de me bouleverser. Missionnaire, oui, où ? En Malaisie. Car c’était mon origine. Je rêvais d’y aller pour connaître ma famille. Deux desseins pas forcément liés mais à 12
ans c’était évident. Depuis je suis effectivement allée en Malaisie mais en simple touriste.
Missionnaire, voilà mon premier rêve.
Et le temps est passé, les études m’ont prise. Une fois l’école d’ingénieurs terminée, une porte professionnelle dans l’humanitaire aurait pu s’ouvrir mais elle est restée fermée. Un voyage au Burkina Faso aurait pu être organisé avec un pasteur de Ouagadougou mais les épreuves m’ont prises.
Dans cette tourmente mes rêves d’alors se sont envolés.
Ce qui m’a sauvée ? Dieu bien sûr, et Dieu à travers le théâtre. J’ai commencé à écrire ma propre pièce et à la monter, je me réconciliais alors avec mes envies de jeunesse : l’art. Je me suis mise à rêver de travailler dans l’art mais les seules portes qui se sont ouvertes sont celles que j’ai initiées.
Puis, les enfants sont venus, merveilleux dons de Dieu qui chamboulent une vie, qui créent des sentiments nouveaux insoupçonnables, qui révèlent un regard neuf sur la réalité de la vie. Que deviennent alors ces rêves d’antan ? Quelle est la légitimité de ces rêves quand votre propre rapport à la vie s’en trouve ainsi transformé ?
Ce qui persiste aujourd’hui, c’est le désir de prier pour l’autre, de le guérir, de participer au plan de Dieu pour l’homme.
Monter à nouveau une pièce de théâtre demande tellement d’énergie qu’aujourd’hui je ne m’en sens pas la force.
Travailler dans l’humanitaire pour l’humanitaire ne rime plus à rien car tout perd de sa saveur quand Dieu n’en est pas au cœur.
Alors, missionnaire rue des entrepreneurs ?